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Le Nasdaq : high-tech (trop ?) high

Catégorie : Flash, Informations

Avec +20% en Year-to-date (soit près de vingt points de plus que le S&P 500), le Nasdaq reste sur des standards extrêmement élevés malgré la crise. En 2019, le S&P et le Nasdaq réalisaient tous deux des performances excellentes (les meilleures depuis 2013) avec des chiffres respectifs de 29% et 32%. Quand le S&P parvient seulement en ces temps à gommer ses pertes du premier semestre 2020 (0,82% YTD en ce 22 juillet), le Nasdaq affiche lui des performances de haute volée. Alors que le ratio entre prix des actions et bénéfice des entreprises vient de dépasser le record de la bulle internet qui avait précédé la crise de 2001, l’indice de la Tech ne serait-il pas surévalué ?

Si certains acteurs parlent effectivement d’un début de bulle, on trouve également des arguments expliquant la forte valorisation de l’indice. En premier lieu, la résistance des GAFAM – poids lourds dans la valorisation du Nasdaq – à la crise mondiale s’affiche effectivement comme l’explication principale de la performance du Nasdaq. La période COVID a par ailleurs été synonyme d’un tremplin économique certain pour des acteurs tech.

Le point de vue de Romain Houet, gérant actions internationales chez MCA FINANCE : Le premier argument à l’encontre de l’existence d’une bulle sur les valeurs technologiques se trouve derrière le terme refuge. Notre gérant emploie ce mot pour décrire à quel point la tech profite d’une visibilité colossale, reflet d’opportunités tant certaines qu’immenses. En pleine année 2020 rimant avec crise économique et manque de visibilité sur l’avenir, quelles compagnies peuvent-elles assurer qu’elles sortiront indemnes de cet exercice ? Des géants comme Amazon ou Apple font partie des rares pouvant s’en vanter, affichant de la visibilité sur plusieurs exercices et une croissance positive sur 2020. Pour continuer, par simple théorie financière, analysons la situation dans notre monde actuel de taux bas, qui d’après le gérant le resteront à moyen terme. Il semble important de souligner qu’en actualisant les cash-flows futurs, ceux-ci se montreront forcément plus hauts qu’avec des taux élevés. La valeur d’entreprise se présente alors comme bien plus forte qu’avec des taux élevés. Il faut au même niveau rappeler que Nasdaq est un indice de valeurs technologiques qui, elles-mêmes, sont des valeurs de croissance. La prime aux valeurs de croissance dans un environnement de taux durablement bas est donc totalement justifiée. Tesla peut se présenter comme un exemple concret du débat sur la surévaluation éventuelle des valeurs technologiques. Alors que la firme d’Elon Musk accusait 600 millions de pertes sur l’année 2019, son titre explosait début 2020, passant de 300$ à plus de 900$ en février. Pourquoi ? Au-delà de considérations techniques du marché (rachat de positions de shorts entre autres), les investisseurs ont en ligne de mire la trajectoire du futur de l’entreprise, ayant dans le rétroviseur l’explosion des géants tech. Prenons l’exemple Amazon. Alors que le membre des GAFAM perdait 132 millions de dollars en 2014 (chiffre d’affaires à 88 mds $), sa capitalisation se portait tout de même à 144 mds $. Cinq ans plus tard, le résultat négatif s’est transformé en bénéfice de 11 Md$ (chiffre d’affaires à 280 mds $). Forcément, la capitalisation de la marque atteint des sommets (920 mds $) sur cette même année. C’est parce les investisseurs voient Tesla emprunter cette même voie que les titres se paient aussi cher en rapport aux performances actuelles.

Le risque est cependant prégnant. Quelle sera la réaction du Nasdaq lorsque les taux remonteront (amélioration économique de fonds) ou lorsque les sociétés qui le composent ne seront plus en mesure de dégager la croissance attendue par les investisseurs ?

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