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La géopolitique issue des tensions sino-américaines s’invite sur les marchés

Catégorie : Flash, Informations

Le coronavirus ayant renforcé les tensions sino-américaines, le Sénat américain a voté en fin de semaine dernière un projet de loi visant à contraindre les entreprises chinoises. La conséquence directe en Bourse est une baisse des géants chinois implémentés à Wall Street : Alibaba et Baidu descendaient respectivement ce vendredi de 5,87% et 6,1%.

La loi en question obligerait les entreprises chinoises à établir « qu’elles ne sont pas détenues ou contrôlées par un gouvernement étranger » en se soumettant à un audit qui pourrait être examiné par le PCAOB[1]. 3 ans d’échec d’affilée rimeraient avec une sortie automatique des listes de places de marché américaines.

 

Jeudi dernier, alors même que son titre baissait de 2%, le géant d’Internet Baidu annonçait qu’il songeait déjà à sortir de la Bourse de New-York. Une annonce à l’image des 149 autres entreprises chinoises de la place de marché new-yorkaise. Parmi elles, on compte quelques entreprises clairement détenues par l’Etat – Petrochina, Sinopec et China Life Insurance – logiquement, donc, sous une épée de Damoclès.

Si le projet Holding Foreign Companies Accountable Act pourrait bien aboutir, l’accord commercial en phase 1 resterait en vigueur sans être impacté. Pour rappel, l’accord du 15 janvier visait à stopper la guerre commerciale entre les deux pays.

 

« Si l’on considère Petrochina, ses ADR[2] ne représentent qu’environ 1,9% des actions en circulation, tandis que sa cotation à Hong Kong représente 52,1% des actions en circulation, explique Ken Wong. Il en va de même pour China Life, dont les ADR ne représentent que 1,1% des actions en circulation, tandis que sa cotation à Hong Kong compte pour 41,3%. Par conséquent, même si ces grandes entreprises d’État étaient contraintes de se délister des Etats-Unis, l’impact serait minime. », expliquait Ken Wong de la société de gestion Eatsping Investment.

 

L’enjeu est de mesure bien différente pour certaines entreprises « tech » comme Pinduoduo et iQIYI. Les deux géants ne sont pas en règle avec les potentielles exigences américaines et cela représente un problème certain au vu de leur capitalisation boursière cumulée à plus de 80 milliards$. Le titre de Pinduoduo baissait de 5% jeudi dernier.

 

Bien sûr, les entreprises chinoises sur la sellette espèreront rapidement se retrouver sur les places de marchés de Hong-Kong si elles ne le sont pas déjà. Un autre facteur de risque reste la part de propriété américaine des sociétés visées. Il est clair que des ADRs appartenant en grande partie à des américains – pouvant être amenés à céder leurs positions – pourraient se trouver en position délicate.

Si, au regard de ce projet de loi, il nous vient d’abord à l’esprit un potentiel retrait de certaines entreprises chinoises sur les places de marchés américaines, on peut également formuler l’hypothèse d’un moyen de pression américain dans le cadre des négociations commerciales avec le pays au soleil levant.  En effet, à l’approche des élections américaines, une victoire sur ce terrain serait de bon augure pour Donald Trump.

[1] Public Company Accounting Oversight Board, organisme à but non lucratif qui supervise les audits de toutes les entreprises américaines qui cherchent à lever des fonds sur les marchés publics

 

[2] American Depository Receipt, permet à une société étrangère d’être cotée aux Etats-Unis.

 

 

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