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La crise turque : quelles incidences ?

Catégorie : À la Une, Informations

Les racines de la crise turque qui agite les marchés actuellement sont à chercher dans les décisions politiques de ces dernières années. La politique expansionniste du gouvernement Erdogan, faisant fi de l’endettement publique et des déséquilibres commerciaux avec ses partenaires étrangers, a entrainé certes un boom économique (croissance de 7,4% en 2017, mieux encore que la Chine), mais également des dérapages inquiétants, notamment au niveau de l’inflation.

Le président Erdogan est un anti « hausse des taux d’intérêt » et la banque centrale turque, tout sauf indépendante des pouvoirs politiques, ne permet pas au pays de sortir de l’explosion inflationniste actuelle (> 15 %). Rappelons que les taux d’intérêts avaient été augmentés de 3% au mois de mai, atteignant alors 17,5%. Cela avait offert un court répit à la livre turque.

Cela explique en partie la fragilisation de l’économie car la solvabilité de certains acteurs locaux est en péril. Donald Trump a enfoncé le clou en annonçant des sanctions économiques sur la Turquie et une hausse des droits de douane sur l’aluminium et l’acier turc. Ces décisions font suite à la détention d’un Pasteur américain, qui est accusé par la Turquie d’avoir participé au coup d’Etat manqué de 2016.

L’impact de ces tensions, au-delà de répercussion sur l’ensemble de la zone émergente, pourrait peser sur la performance de certains actifs. Un article du Financial Times a mentionné les craintes de la BCE sur l’exposition turque de certaines banques européennes, notamment la BBVA, Unicrédit et BNP. D’où le repli des financières depuis quelques séances.

S’agissant de notre investissement dans le titre BNP, notre analyse quant au risque turc met en évidence une exposition à hauteur de 2 % des engagements totaux bruts du groupe. Ce qui reste largement surmontable et raisonnable pour l’un des leader du secteur.

Concernant les autres secteurs directement impactés, on peut citer un certain nombre de sociétés (Sodexo, Edenred, Seb) mais on retrouve également un certain nombre d’acteurs de l’automobile dont Renault et des équipementiers comme Valeo ou Plastic Omnium). Nous rappellerons que notre exposition à ce secteur se limite à Michelin et à Renault.

Autre point d’inquiétude soulevé, le risque de contagion aux autres pays émergents par ricochet suite aux attaques de leurs monnaies, par exemple russes, argentines, sud-africaines et brésiliennes. Notre gestion n’est pas investie directement sur ces devises.

A ce jour, et compte tenu des éléments à notre disposition, nous adoptons une position plus prudente en renforçant sur opportunité la part liquidité de nos portefeuilles.

 

L’équipe de Gestion

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